Nawell Madani Instagram – La charge raciale, c’est quoi ?
Pour ceux qui découvrent ou qui n’avaient pas encore posé un mot là-dessus, il y a un truc que beaucoup de gens subissent sans forcément savoir comment le nommer : la charge raciale.
C’est le poids mental et émotionnel que les personnes racisées portent au quotidien, juste parce qu’elles existent dans une société qui les regarde différemment. C’est pas une simple accumulation de petites gênes, c’est un stress permanent qui peut peser lourd, que ce soit au taf, dans la rue, dans les interactions sociales…
C’est pas un concept sorti de nulle part, ça fait un moment que ça existe, mais bizarrement, on n’en parle pas tant que ça.
Tout commence aux États-Unis, début 1900, avec W.E.B. Du Bois, un OG dans les études sur la race. Il balance un concept qu’il appelle la double conscience : en gros, être noir dans un monde blanc, c’est devoir se voir à travers les yeux des autres, tout en restant soi-même. T’imagines le taf mental ? Ça, c’est la base de ce qu’on appelle aujourd’hui la charge raciale.
Ensuite, direction le Canada. Là, un sociologue, Rachid Bagaoui, reprend le truc et pousse encore plus loin. Il met des mots sur ce qu’on ressent au quotidien : devoir anticiper les préjugés, faire gaffe à comment on parle, comment on bouge, toujours être en alerte. Bref, un stress invisible que beaucoup portent sans même s’en rendre compte.
Et en France, ça prend encore une autre tournure. Maboula Soumahoro en parle en 2020 dans son bouquin Le Triangle et l’Hexagone. Elle compare la charge raciale à la charge mentale des femmes, mais version racisme : toujours devoir justifier, éduquer, calmer, prouver qu’on est légitime…
Bref, ce truc, c’est réel. Ça nous bouffe de l’énergie sans qu’on s’en rende compte. Et le pire, c’est qu’on nous fait croire que c’est “dans notre tête”. Nah, c’est bien là, et en parler, c’est déjà une façon de l’alléger un peu.
Merci pour vos témoignages. On doit pas transmettre ça à nos enfants 🙏🏽 | Posted on 14/Mar/2025 16:39:58



